La percée à tout prix

28-29-30 septembre 1915 :

La situation : On est bloqué partout, les Allemands lancent de puissantes contre-attaques pour reprendre le haut de la butte de Tahure et le haut de la Main de Massiges.

Souain dessin de Scott G Le général Marchand, grièvement blessé, est ramené vers l'arrière

Le Général Marchand est grièvement blessé à la Ferme de Navarin. ‘Dessin de Scott

Seul la 28e Brigade a réussi à mettre pied dans la tranchée des Tantes sur Sainte-Marie-à-Py et tient 500m. Une grosse partie des Colonels, Commandants et cadres sont tués, les hommes n’ont plus d’ordres et sont livrés à eux même. La troupe est fatiguée, cela fait plusieurs jours qu’elle dort mal. Les communications sont très difficiles avec l’arrière et l’état-major ne connaît pas la situation de ses troupes. Les brides d’informations contradictoires qui lui parviennent, lui fait croire que la percée est faite, il décide d’envoyer toutes les réserves dans cette brèche salutaire.

Il a déjà fixé les objectifs, les hauteurs sud de la Py. Or il n’y a pas vraiment de trou, la tranchée des Tantes se trouve dans une cuvette face à des languettes de bois de sapins, l’ennemi a des vues depuis chaque coté, en faite c’est une nasse.

Les réserves arrivent la nuit, elles ne connaissent pas le terrain, il y a en outre des restes du 35e et 42e, le 402e, les chasseurs du Col Duval et la brigade Coloniale, des cavaliers à cheval et la brigade Susbielle doivent exploiter la percée. Le 402e passe la brèche et s’enfonce la nuit dans le bois Chevron, il ne reviendra jamais, il est suivi peu après des autres régiments, les ordres sont flous. Le jour se lève et les mitrailleuses se mettent à cracher suivi d’un feu d’artillerie extrêmement violent sur le débouché, faisant subir à nos troupes des pertes énormes. Une panique fait refluer les hommes dans ce goulot, ce sont des milliers de soldats qui se trouvent emprisonnées, recroquevillé dans les moindres trous du terrain pour se soustraire à cette pluie de fer, sans pouvoir s’échapper.

Santi les minen

Dessin du soldat Santi 35eRI

Les pertes sont colossales, des milliers de soldats sont en train d’y trouver la mort, les blessés ne peuvent pas être évacués, ils doivent ramper la nuit pour atteindre eux même les hauteurs de l’arrière front, sinon attendre la mort. Cela fait deux jours que les blessés crient et agonisent, chaque nuit les plaintes se font de plus en plus faibles, quel gâchis.

L’action sur la « brèche des tantes » s’arrête, de la 28e Brigade il ne reste pratiquement rien, des 2500 soldats qui la composait seul 200 sont encore valides.

« Le soir, le Colonel Tesson errait sur le champ de bataille et donnait libre cours à ses larmes devant son régiment le 35e étendu devant lui » Paul Doncœur

Souain Col Tesson 35eRI 2

Le Colonel Tesson du 35eRI avant son inhumation 

Le Colonel Tesson est tué par un obus le 29, il est ramené en arrière et inhumé avec 22 de ses officiers au cours d’une cérémonie poignante par le Père Doncœur.

Nous venons d’apprendre le 25, la blessure d’Ernest MIGNON et la mort de Paul MACQUART sur le territoire d’Aubérive-sur-Suippe. Et également le 27,celle de Camile Champenois à Souain, originaire de Perthes–les-Hurlus.

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