Le fait d’armes du zouave Guesdon

25 septembre 1915: Quelqu’un qui eut à la fois du sang froid et de la chance ce fut le zouave Guesdon, de la première compagnie de mitrailleuses.

Le soir de l’attaque du Bois Sabot il partit, comme beaucoup d’autres, « à la rafle » entre les lignes. Rampant dans la nuit noire, il cherchait les cadavres allemands, les fouillait, et s’emparait des divers objets qu’ils portaient : un portefeuille ici, un revolver là, une paire de jumelles ou une pipe ailleurs, peu à peu sa musette se remplissait. Et il songeait déjà au fructueux commerce qu’après la relève il ferait avec « les valeureux combattants de l’arrière », généralement « au pèze » et toujours avides de trophées, quand il se trouva soudain devant un énorme trou d’obus tout grouillant d’ennemis !

Notre gaillard classe 1911, qui avait longtemps baroudé au Maroc et qui combattait depuis le début des hostilités, n’en était pas à sa première émotion et ne perdit pas la tête pour autant. Il avait le mousqueton chargé à la main : il fit feu dans le tas et eut la chance inouïe de tuer le feldwebel qui les commandait ! Puis, détournant la tête, il se mit à crier vers l’arrière comme s’il donnait des ordres à une patrouille qui le suivait !

Les boches, désemparés, et qui avaient probablement perdu tout contact avec leur unité et se jugeaient sacrifiés, n’en demandèrent pas davantage : ils jetèrent armes et équipements et firent « Kamerad ». Guesdon s’aperçut alors qu’ils disposaient de deux mitrailleuses armées, prêtes à tirer, et de plusieurs caisses de cartouches !

Chamapgne prisonniers allemends heureux 25 sept 15

Il les leur fit charger sur les épaules et rentra triomphalement dans nos lignes, la musette remplie de trophées, le doigt sur la détente du mousqueton, et ramenant devant lui une Section de Mitrailleuses ennemie avec matériel complet : une douzaine d’hommes, deux pièces Maxim et de nombreuses munitions !

Seul manquait l’Adjudant qu’il venait d’abattre. Pour une rafle c’était réussi !

Il fut nommé caporal et reçut la Médaille Militaire.

Ce Breton d’Ille et Vilaine, courageux et têtu, qui se disait compatriote de Duguesclin, savait à peine lire et écrire.

Louis BAC « Souvenir du front » 8e Zouave
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