Joyeux Noël

27 décembre 1915 – Des nouvelles des nôtres :

En ce lendemain de Noël, nous publions les lettres des HUBERT.

     Mon cher Albert,

Quel serrement de cœur quand on regarde en arrière !

Nos filles Marcelle et Marguerite ont mis leurs sabots chez LOZEA. A Marcelle j’ai mis aussi 2 ou 3 petites friandises, mais je n’en avais guère le courage.

A l’occasion de cette nouvelle année, je t’offre tous mes meilleurs vœux. Que Dieu nous accorde la santé, que 1916 nous apporte la victoire et le retour des absents dans leurs foyers.

Pour le nouvel an, Mme PICARDAT nous a envoyé un poulet.

voeux

Ma chère Victoire,

Je serais bien aise que tes vœux réussissent et que nous nous retrouvions avant le 1er janvier 1917 et pour de bon.

Es ce que ma petite Marcelle se souvient qui je suis, que fait-elle, parle-t-elle de moi ?

Je viens de recevoir une lettre de Paul BERNARD nous donnant le compte rendu de son voyage au village de Souain. Il nous dit que les soldats font la chasse aux oreries. Arriverai-je à temps pour retrouver notre cachette intacte ? J’ai fait la demande à   la préfecture pour que papa puisse se rendre à Souain, j’attends la décision.

 

Voici le récit du noël de l’aspirant LABY médecin au 294 RI, Bois du Sultan à Souain.

     Le 24 décembre à 21h le 5e Bataillon nous relève « Marche à l’étoile » toute la nuit de Noël. J’ai enfin ma croix de guerre ! Arrivée à Suippes à minuit 15. Le lieutenant-major Guérigny, notre chef de popote, était parti en avant pour préparer le réveillon : il a bien fait les choses. On se met à table à 1heure. Huîtres, choucroute, jambon, dinde, etc. Vins nombreux. Nous sommes déjà fatigués, aussi nous sommes vite cuités, y compris le commandant Anirépock : il y a un harmonium faux comme un jeton, sur lequel on tape avec énergie. Nous buvons une bouteille de Kummel à deux. Trutru Fenette va se coucher : on fait une farandole autour de son lit. On sort de la popote à 7h, très vaseux. Nous nous donnons le bras, avec Touille, et longeons les murs.

La Cheppe Mt Frenet Musique au piano 2

Docteurs de l’hôpital du Mt Frenet, Cuperly  

Le lendemain gueule de bois. Retour aux tranchées. Froid. Pas de feu. Mais on a pris le   parti de se déchausser la nuit, en cachette.

Ouf! Une année de tirée. Espérons que l’année prochaine à cette époque-ci, la guerre sera terminée !!!

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