Un part, deux arrivent

23 avril 1917 Les nouvelles du front :    Nous venons d’apprendre la mort d’Iréné SENART le 17 avril à l’ambulance de Vauxtin près du chemin des Dames. Il laisse une veuve et un orphelin.

     Il reçoit la citation suivante à l’ordre du 29e B.C.P. « Chargé d’établir la liaison avec une unité voisine sur un terrain battu par les feux d’artillerie et de mitrailleuses, a fait preuve du plus grand mépris du danger. Blessé, mortellement au cour de sa mission. Chasseur très méritant, au front depuis le début de la campagne »

     Il a reçu la Croix de Guerre et la Médaille Militaire à titre posthume.

     Remi GERARDIN et Etienne JULLION viennent d’être incorporés au 165e RI, ils sont la relève, un part deux arrivent.

      Nous commençons à avoir des nouvelles des combats qui se sont déroulés.

     L’attaque du chemin des Dames dans est un échec, mais on essaie toujours de percer, les régiments fondent comme neige au soleil.

Moronvilliers plan coupe tunnel

      De notre coté c’est une demi victoire pour l’instant, le 17 avril au soir toutes les crêtes du massif de Moronvilliers sont à nous mais on ne peut déboucher de l’autre coté, nous somme écrasé par leur artillerie. Les Allemands ont construit des tunnels sous chacun des monts, ils mènent sans cesse des contre-attaques depuis ces refuges dissimulés et protégés des bombes ; mais nous tenons bon.

moronvilliers puit d acces au tunnel.jpg

    On a fusillé la semaine dernière le soldat Alfred SINN à Mourmelon le petit pour abandon de poste.

De notre correspondant Camille VILAIN, téléphoniste du 1e R.A.C

17 avril, à 4 h 45 : Un commandement à mi-voix: « En avant! … » Des formes qui bondissent! La première vague s’élance. Il fait encore nuit, sur un fond de sourde rumeur, il y a comme un silence, un grand silence impressionnant. Combien dure-t-il? Puis c’est brutalement le tonnerre des obus, le fracas d’un barrage s’amplifiant jusqu’au paroxysme et couvrant l’aboi des mitrailleuses.

ottodixlichtsignale

     D’un coup, tout tremble, tout flambe. De partout jaillissent les fusées, en groupes, en lignes, en bouquets: vertes et rouges chez l’ennemi, blanches dans nos lignes. Des grappes de chenilles lumineuses éclairent un paysage d’apocalypse où, dans l’aube blafarde, roulent de gros nuages noirs. La neige, en flocons serrés, commence à tomber. Sans arrêt, autour de nous, les obus s’abattent, des trous se creusent, des hommes tombent. De tous côtés les balles sifflent, claquent, si nombreuses qu’elles semblent venir de partout à la fois. Des blessés couverts de boue et de sang, hurlant de souffrance, cherchent les postes de secours. Des prisonniers passent, ils se couchent dans la boue à chaque obus .

De notre correspondant Julien Poulhès du 4e Génie

18 avril: Je rentre de permission, c’est pour dire que j’ai le cafard.

     Je viens de rencontrer un lieutenant, il me dit :  » tu rentres de permission et bien tu as du courage, moi j’y serais resté.

     Les deux premières sections de la compagnie ont été en première ligne le jour de l’attaque. Ils me montrent les trophées qu’ils ont rapportés des tranchées boches: poignards, revolver, ceinturons etc. La troisième section y était hier et aujourd’hui c’est la  quatrième, la mienne.

     On me dit que j’ai de la chance. La compagnie a beaucoup souffert des gaz, beaucoup d’hommes ont du être évacués, à Mourmelon le petit le canon fait rage. 

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