La catastrophe du mont Cornillet

Nous venons d’avoir connaissance d’un rapport intercèpté émis par le   Médecin en chef allemand, le Docteur Nagel sur la tragédie du tunnel

Le 20 mai, tôt à 7 heures du matin, après une pause dans les tirs de deux heures, les français commencèrent de façon systématiquement de nous bombarder à mort.

Quand vînt le premier coup terrible, toute la galerie trembla et tous les dormeurs se dressèrent tels que des fourmis effarouchées, vînt ensuite encore un coup plus terrible et la galerie des commandants avec sa couche de craie de 18 mètres fut enfoncée. Les officiers du bataillon se réunir afin de discuter de la situation. Et quand ils furent tous côte à côte, un obus s’abattit à cet endroit faisant écrouler la galerie qui les enterra tous. Le même sort fut réservé à deux de nos entrées, coup sur coup et la destruction presque entière de la galerie fut l’œuvre de quelques minutes. Le premier bataillon qui était stationné dans la partie Est, fut totalement perdu; l’entrée s’était écroulée sous les tirs, il en était de même avec les couloirs de liaison vers le couloir du milieu. Ceux qui étaient dans la galerie succombèrent en quelques secondes à l’oxyde de carbone que les obus éclatants à cet endroit répandaient avec une grande pression. Ils subirent une mort douce, sans douleurs, sans se douter qu’ils dormaient pour l’éternité. Un seul, qui se trouvait près de la bouche d’aération, put s’évacuer vers le haut; lorsqu’il appela de cet endroit, en bas il régnait déjà un silence de mort et personne n’était en mesure de répondre.

Monronvilliers plan tunnel

Dans la partie Ouest, la situation n’était pas meilleure. Certes, l’entrée était détruite; par ailleurs, on pouvait circuler dans la galerie mais à cause du gaz, tous s’étaient endormis pour toujours.

L’oxyde de carbone sortait à partir des galeries transversales en notre direction et il fallait les boucher à l’aide de caisses et de couvertures tout en sacrifiant notre irremplaçable réserve d’eau.

Ce n’était pas très gai dans la galerie sanitaire, l’oxygène commençait à manquer, les intoxiqués par le gaz de combat souffraient beaucoup, gémissaient, toussaient, se tortillaient dans tous les sens, rampaient à quatre pas pour les supplier qu’on leur donne l’oxygène à effet calmant, c’était terrible de ne pouvoir aider que par le biais de la morphine. Lentement une fatigue lourde commença à m’envahir et je cherchais un coin pour dormir. C’est ainsi que   les allées et venues et l’horreur permirent que je reste éveillé et ceci me sauva; celui qui s’ endormait, était perdu.

Entre temps, il était 3 heures, il fallut prendre une décision, celui qui restait dans la galerie était, à coup sûr, perdu. Seulement à l’entrée de la galerie centrale, il y avait encore de l’air frais. Mais, y rester était une arme à double tranchant car le moindre calibre pouvait nous achever. Devant la galerie le barrage d’artillerie était terrible et il en coûtait beaucoup pour quitter la galerie et de s’exposer ainsi au feu roulant.

Celui qui sentait encore de la force dans ses jambes devait aller vers le haut, en première ligne ; la galerie devait être évacuée. Avec un petit nombre de soldats je réussis à sortir et quitter cette tombe qui renferme maintenant plus de 600 hommes.

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2 commentaires pour La catastrophe du mont Cornillet

  1. cloarec dit :

    Hélas il n’y a pas eu que Douaumont et le tunnel de Tavanne……….

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  2. moinillon dit :

    Une aventure bien triste. Finir étouffés par manque d’oxygène, ce n’est plus un combat, c’est l’horreur.
    Evénement commémoré récemment à Nauroy.

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