Le Tunnel

10 décembre 1917 : La guerre continue avec son lot de victimes quotidiennes, la routine. La guerre se résume en coups de main pour faire des prisonniers pour le renseignement. On creuse, on se barricade, on aménage, on se protège.

De notre correspondant le sapeur Julien Poulhès du 3eme Génie à la Main de Massiges

     Depuis le 11 Juin, nous avons commencer un tunnel du pied de la Main au sommet, à 1 kilomètre des lignes. Ce tunnel doit aboutir presque en première ligne et servir pour les relèves, les corvées de soupe ou de matériel. Il remplacera les boyaux qui passent au-dessus de la butte. Ce sera bien toujours un travail de mineur mais tout de même plus intéressant que de creuser des mines. Et puis ce tunnel pourra peut être épargner  quelques vies humaines.

Massiges main Dauge2

     En temps ordinaire nous aurions trouvé ce travail pénible mais en venant de la pose des fils de fer en première ligne, on se trouve bien ici. On travail avec goût et on fait beaucoup de travail. Nous avons commencé deux tunnels à la fois, un au Fer de Lance et l’autre au pouce de la Main de Massiges . Dans chacun des tunnels, nous avons installé des moteurs qui fournissent l’électricité et l’air comprimé. Nous avons donc l’éclairage et des perforeuses électriques et à air comprimé. Dans l’un d’eux, qui est en ligne droite, nous avons un treuil électrique qui tire les wagonnets de terre. Pour le moment c’est moi qui suit à la commande du treuil. Les tunnels ont 2 mètres de larges et 2,10 mètres de haut. Nous avançons d’un mètre à chaque séance de travail et il y à trois équipes de travail sur 24 heures.

tunel cruesement

Depuis que le régime des permissions est réglementé on se sent beaucoup mieux, je suis parti 10 jours au mois d’aout en prenant le train à Somme Tourbe et je vais repartir pour la même duré.

     Malgré tous les camouflages, les boches se sont aperçus qu’il y avait des tas de terre à l’entrée des tunnels et ils se sont mis à les bombarder. Pour le camoufler, on se sert de larges grillages métalliques sur lesquels on a épingle de l’herbe artificielle. Hier un obus nous a cassé plusieurs cadres à l’entrée du tunnel, il a fallu des remplacer. Mon treuil qui était un peu en dehors du tunnel est détruit.

Image17

Le ventilateur

     Si c’est nous qui finissons le tunnel, ce qui ne serait pas étonnant, nous sommes bien là pour tout l’hiver. Aussi, nous avons aménagé nos cagnas le plus confortablement possible. Nous avons planches et poutrelles à notre disposition pour coffrer le tunnel. Il est possible d’en soustraire pour notre aménagement. Nous nous sommes donc mis à l’abri des courants d’air. Avec de gros tuyaux de ventilateurs, nous avons fabriqué des poêles. Certaines cagnas ressemblent à de petits salons si ce n’était les lits superposés. Un des grands avantages que nous avons sur l’infanterie c’est de changer moins souvent de place.

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