C’est ma 7eme permission

30 mars 1918 : de notre correspondant le soldat DEVAUX du 56e RI

      Je reviens au front après une permission de 15 jours, c’est ma 7e depuis le début de la guerre. Rien de nouveaux pendant celle-ci, le civil ne pense plus du tout à la guerre, chacun a sa vie calme, travaille, gagne de l’or, entasse les bons de la défense nationale. Seules les familles qui ont encore des absents ont de l’inquiétude.

     Je retrouve ma compagnie au repos au camp « Allègre », pendant mon absence le bataillon a du subir une réaction très dure de l’ennemi à « la Galoche » qui a mis des moyens très puissants et est arrivé à reprendre le terrain gagné le 13 février dernier. J’appends la mort de plusieurs camarades.

     L’autre jour des ballonnets allemands nous ont apportés des journaux de propagande « la gazette des Ardennes » le poilu est très avide de les lire, mais tout est vite saisi par les officiers.

gazette ardenne

la Gazette des Ardennes du 11 janvier 1918 : un soldat allemand s’adresse à la Marianne française et au John Bull britannique

     C’est le départ de la division, nous traversons l’Epine pour Châlons et arrivons à Sarry, le cantonnement est bien installé, chaque homme possède sa petite couchette faite avec du grillage, une paillasse et de bonnes couvertures. C’est la première fois depuis 1914 que nous sommes aussi bien couchés. Comme distraction, un foyer du soldat créer par une société Franco-américaine est particulièrement bien installé.

     A minuit les avions ennemis viennent bombarder Châlons, les bombes tombent avec fracas, un incendie a lieu près de la gare à la Brasserie.

     Ce 25 au soir cela fait trois jours que les « Gothas » viennent bombarder et causent des incendies et des victimes, jusqu’à trois heures du matin ce n’est que ronflement de moteurs et coups de canon, les bombes éclatent sans interruption.

EST-6

     Les habitants quittent la ville, c’est l’émigration, sur la route c’est une véritable procession, des femmes portant des paquets de hardes ou des enfants en bas âge, les uns poussent des voiturettes, les plus fortunés partent en voiture, tous gagnent les villages voisins de la ville pour y chercher un refuge. Cela nous rappelle août 1914.

Extrait du journal du soldat DEVAUX du 56e RI
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