L’attente

8 juillet 1918 : Les Allemands renforcés de leurs divisions revenant de Russie ont réussi toutes leurs offensives du printemps créant des poches importantes sur le front. Le 21 mars sur la Somme, le 9 avril sur Armentières et le 27 mai en descendant jusqu’à Château-Thierry. Maintenant il n’y a plus de doute, ils vont tenter la même chose en Champagne avant le renforcement américain, on vient de nous lire une note du général Gouraud commandant notre IVe Armée.

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Ordre aux soldats français et américains de la IVe Armée

Nous pouvons être attaqués d’un moment à l’autre. Vous sentez tous que jamais bataille défensive n’aura été engagée dans des conditions plus favorables.

Nous sommes prévenus et nous sommes sur nos gardes.

Nous sommes puissamment renforcés en infanterie et en artillerie.

Vous combattrez sur un terrain que vous avez transformé par votre travail opiniâtre en forteresse redoutable, forteresse invincible, si tous les passages sont bien gardés.

Le bombardement sera terrible, vous le supporterez sans faiblir.

L’assaut sera rude, dans un nuage de poussière, de fumée et de gaz.

Mais votre position et votre armement sont formidables.

Dans vos poitrines, battent des cœurs braves et forts d’hommes libres.

Personne ne regardera en arrière, personne ne reculera d’un pas.

Chacun n’aura qu’une pensée : en tuer, en tuer beaucoup, jusqu’à ce qu’ils en aient assez.

Et c’est pourquoi votre général vous dit : Cet assaut, vous le briserez et ce sera un beau jour.

Général Henri Gouraud

 

De notre correspondant André Gapp du 158e RI secteur de Perthes-les-Hurlus

     La profondeur entre la première ligne et la ligne intermédiaire et parsemée de centres de résistance   positionnés tous les deux km. environ. Des groupes de « volontaires » l’occupent, ils ont un adjudant ou un capitaine à leur tête, des mitrailleuses une importante quantité grenades et de munitions,   des abris renforcés, un infirmier, un cuistot et de la nourriture pour plusieurs semaines. Ces hommes vivent en autonomie, coupés du reste de la troupe, nous ne devons pas avoir de contact avec eux, seul l’officier est relié par une ligne téléphonique avec l’arrière.

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     Tous les soirs nous évacuons la première ligne au couché du soleil et retournons trois km en arrière sur notre ligne de 1914 et tous les matins avant l’aurore nous la réintégrons. La nuit les tranchée sont vides, les sous-officiers parlent sous le manteau et ne comprennent pas pourquoi on abandonne la première ligne si chèrement conquise et payée de tant de sang, on nous a toujours dit de ne pas lâcher un pouce du sol de France.

     Le terrain est laissé à ces groupes et à des sections de six ou sept hommes réparties ça et la, ils occupent la zone de contact et patrouillent toute la nuit dans le no man’s land, le matin ils regagnent la ligne à l’arrière pour se reposer.

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