L’attaque est commençée

15 juillet : Ca y est l’attaque allemande est commencée, nous sommes attaqués sur tout le front de Prunay à l’Argonne depuis 3 h 50 à 4 h 10 ce matin. Les Allemands avancent, non sans peine, à travers les organisations de la première position, gênés et éprouvés par les feux des troupes de couverture et par les tirs de l’artillerie qui les contraignent à rompre l’ordonnance de leur attaque. Ils dépassent et encerclent successivement les petits postes, puis les sections avancées, enfin les compagnies d’hinterland, au prix de vifs combats. Vers 7 h 30 ce matin, ils sont presque partout au contact de la position de résistance qu’ils assaillent avec violence.

Agostini Plan General

    Les Allemands croyaient attaquer des troupes ayant joyeusement fêté le 14 juillet. Ils se heurtent à des unités en état d’alerte. Bien plus, alors que la préparation d’artillerie allemande devait commencer à minuit dix, notre contre-prépara­tion débuta à vingt-trois heures trente sur leur troupes massées en attendant l’heure de l’attaque..

    Hier soir un coup de main heureux vers le Mont Sans Nom nous a ramené des prisonniers qui nous ont donnés l’heure et le plan de l’attaque.

    Les petits postes laissés dans l’hinterland, nous ont renseigné de l’avance exacte de l’ennemi en lançant des fusées signal. Cela nous a permis de pilonner leur ligne d’attaque en fonction de leur progression. Ils avaient pour mission de disloquer les premières vagues d’assaut, de les retarder et les faire décoller du « barrage roulant» qui avançait imperturbable, selon un horaire fixé d’avance. Petit à petit les combats de ces sacrifiés se sont éteints, on ne les entend plus, que sont ils devenus tués ou prisonniers, on ne le sait pas.

     Depuis 7 h 30, les Allemands sont presque partout au contact de la position de résistance qu’ils assaillent avec violence mais notre vrais ligne replacée sur l’ancien front de 1915 est solide, l’ordre est de ne pas reculer d’un pouce. Cela fait plus de six heures que l’ennemi attaque dans le vide, il a parcouru trois km, est épuisé est décimé par nos tirs, il se trouve coupé de son ravitaillement en munition et doit mener maintenant le combat. Chaque coup de boutoir dans notre mur défensif se solde pour l’instant par un échec, on tient bon. Par endroit on mène même des contre offensives pour le repousser et se mettre à l’abris des tirs de leur mortiers. Leur artillerie est à bout de course, la notre est à tir tendu.

     Le sort de la France se joue en ce moment.

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