Le Christ de Souain

8 septembre : Des nouvelles de nos soldats Nous venons d’apprendre la blessure de Jean JAUNET du 294eRI, le 4 septembre au Canal du Nord. Nous lui souhaitons un prompt rétablissement. Nous rappelons qu’il a déjà été cité trois fois et est décoré de la médaille distinguée du Roi d’Angleterre.

     La grippe que l’on surnomme espagnole est en fait américaine elle a été sans doute introduite par les troupes lors de leur venue en France. Actuellement elle s’est réactivée, de nombreux jeunes soldats en sont atteints, ils partent vers l’arrière mais on ne les revoit pas , la maladie doit être plus grave que l’on veut bien nous dire.

Nous vous communiquons le poème sur le Christ de Souain du Lieutenant HUSSON

 

La mitraille s’abat, chaque jour, sur Souain.

Les fermes, s’écroulant, au hasard s’éparpillent ;

Les pierres en éclats volent par le chemin

Et les rauques canons à grand bruit s’égosillent.

Sur la plaine s’étend la tristesse et la mort.

Quand le canon se tait, le silence effroyable

Remplit la solitude où toute vie s’endort ;

Le corbeau pousse au loin sa clameur lamentable.

La pauvre église gît dans le morne désert.

L’obus a dispersé les antiques ogives

Et les murs, effondrés sous l’ouragan de fer,

Sont déjà revêtus d’herbe et de ronces vives.

Seul est resté debout le grand Christ du chemin.

 

Souain calvaire et soldat

 

Dans les campagnes en deuil, il se dresse, intangible,

Les bras tout grands ouverts. O symbole divin

De pitié, de pardon et d’amour indicible !

Du champ de mort, ô Christ, oh ! ne t’éloigne pas !

Reste, au milieu de nous, sur l’antique calvaire ;

Reste, pour consoler et bénir nos soldats

Et soutenir nos cœurs dans cette horrible guerre.

Accueille, dans tes bras, à leur dernier soupir,

Ceux qui tombent sanglants sur la terre crayeuse.

Donne-leur le repos, la palme du martyr.

Qu’après tant de tourments leur âme soit heureuse !

Tous les sillons, hélas ! sont parsemés de croix.

La mort fauche à grands coups notre belle jeunesse.

Christ de Souain, dis-moi ! dis-moi ! combien de fois

N’as-tu pas recueilli sa plainte et sa détresse ?

Cet immense holocauste, ô Dieu, sera-t-il vain ?

Ces trépas glorieux seront-ils inutiles ?

Non, le sol abreuvé de tant de sang humain

Germera pour le ciel des moissons plus fertiles.

Tôt ou tard, la justice au jour éclatera.

Le crime aura sa fin, le bien sa récompense ;

Humble Christ de Souain, toujours tu seras là,

Du juste qui combat invincible espérance.

Du champ de mort, ô Christ, oh ! ne t’éloigne pas !

Au milieu des obus, reste sur ton calvaire,

Pour couronner un jour l’œuvre de nos soldats

Et pour ressusciter la France notre mère !

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Un commentaire pour Le Christ de Souain

  1. Geneviève Mme VILPOUX dit :

    Ce poème est très émouvant.

    J'aime

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