Nous sommes à Sommepy

2 octobre: On progresse bien, les américains attaquent en ce moment le Blanc mont et enfoncent un coin dans la ligne allemande.

Voici après coup un récit d’un combattant du 118RI à l’attaque de la ferme de Navarin

26 septembre 1918 : Nous atteignons d’un seul bond la seconde ligne allemande sur la crête de Navarin, où de rares survivants seront trouvés prostrés, abrutis par la violence de notre bombardement. Nous avons envoyé onze obus par mètre courant sur la ligne allemande.

     Cependant arrivé au sommet de la crête, il faut quand même stopper, les réseaux de barbelés situés en contre pente n’ont pas assez été détruits étant cachés à nos observateurs. Des mitrailleuses allemandes postées dans une tranchée à moins de 100m balaient la crête. Le 27 au levé du jour, nous tentons de dévaler la pente vers Sommepy, nos canons se sont avancés dans la nuit pour être au plus proche mais tirent au jugé, ils essayent de faire des brèches dans le réseau.

     Il y a là, près de la ferme, un énorme entonnoir de mine que les allemands ont fait exploser pour couper la route, avant de retraiter sur leur seconde ligne derrière Sommepy. Ils ont laissé des mitrailleurs, placés là « en enfants perdus » qui nous interdissent toute progression.

     Nous nous sommes mis à l’abri dans le cratère de 30m de diamètre, combien sommes nous dans ce piège 80, 100 peut être, il fallait si attendre les allemands règlent leur tir, nous sommes encadrés. Il faut quitter l’entonnoir et revenir en arrière, mais dès que l’on se présente sur la lèvre on est sonné par une rafale de mitrailleuse, il faudrait demander à notre artillerie de cibler le nid, mais pourra-t-on porter cette demande ?

navarin plan

     Il faut quand même se décider, sur le ventre en rampant de trous d’obus en trous d’obus ceux qui auront le culot de sortir se retrouveront derrière les gravats de la ferme de Navarin, hélas pas tous !

     Dans la nuit du 28, par un large mouvement d’enveloppement la position de mitrailleuse sera prise à revers. Pas de quartier, ils seront tous tués, ils n’étaient qu’une douzaine, mais à eux seuls, ils avaient paralysé la marche d’un bataillon pendant toute une journée.

     Nous allons installer notre central téléphonique dans le blockhaus, traqués par l’artillerie allemande. A l’intérieur, six cadavres ennemis, au fond un escalier d’une vingtaine de marches accédait à une petite pièce de 4m au carré où se trouvaient une quinzaine de paquetages.

Récit d’un soldat du 19e de Brest

28 septembre : Nous dévalons les pentes de Navarin avant le levé du jour à 4h30 et assez rapidement nous atteignons la voie ferrée qui court au sud de Sommepy. Des passages ont été fait la nuit dans les tranchées allemandes sur la crête de Navarin, pour permettre le passage des chars Renault. A 8h30 nous traversons la Py et atteignons la tranchée Krefeld, nous sommes en tête et devons stopper nous n’avons plus la liaison avec le reste du bataillon encore occupé au nettoyage. L’artillerie suit très mal les progrès de l’avance. Peut après une pièce anti-tanks se dévoile, elle est neutralisé avec un obus de 37.

     Pendant ce temps le 1er Bataillon peine dans Sommepy, nous sommes avancés de part et d’autre du village et atteignons   la position allemande au nord du village. Une contre-attaque se déclenche sur le 62RI le rejetant dans le fond de la Py. Leur section de chars va soulever l’enthousiasme des hommes spectateurs de cette action. Cette section part seule à l’assaut, elle avance sur le glacis, débusque au passage quelques mitrailleurs tapis dans des trous, atteint la première tranchée, la nettoie, se débarrasse d’adversaires qui ont sauté sur les appareils et continue. Cette action permet au 62RI de s’installer définitivement sur son objectif.

     La journée a été dure dans l’ensemble et la fatigue commence à se faire sentir dans les unités qui entament leur quatrième nuit de bataille.

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