La grippe espagnole

27 octobre : Le front est toujours bloqué sur la vallée de l’Aisne, l’ennemi a inondé la plaine du coté de Vouziers. Seuls les Américains attaquent sur Grandpré. Les combattants sont fébriles, il y a beaucoup de malades dans nos rangs.

De notre correspondante Louise DAVIOT infirmière de la Croix Rouge Française. Vouziers

     Nous sommes en pleine épidémie de grippe « Espagnole », pour soigner la population et recevoir dans le grand lycée aménagé en hôpital tous les réfugiés Belges qui s’étaient sauvés de Belgique, surtout les jeunes hommes qui n’ont pas voulu aller travailler en Allemagne. Ils arrivent avec la grippe, pour eux c’est l’affaire de trois jours malgré nos soins sept, huit, neuf sur dix meurent, surtout qu’en plus de nos tourments tous les bidons d’oxygène ont été vidés par les Allemands avant leur départ. C’est bien triste la guerre!

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     J’ai eu la douleur de perdre ma plus dévouée infirmière, morte en quelques jours à la suite d’une attaque par les gaz « Ypérite », elle avait trente deux ans.

Récit de Louise Anna DAVIOT, infirmière de la Croix Rouge Française

 

     Un autre témoignage du soldat Ernest DUGUET du 14eRI prisonnier en Allemagne au camp d’Hüstein depuis déjà trois ans. Il vient d’être repris neuf jours après s’être évadé et arrivé à quelques kms de la frontière hollandaise.

     On me reconduit au camp d’Hüstein où le chef de poste m’attendait, sur le pas de la porte il hurlait en me menaçant de mort et finalement se tut.

     Au camp une grave épidémie de grippe de bronchite pulmonaire dite « grippe espagnole » très contagieuse, sévissait dans les baraquements des prisonniers et plusieurs d’entre eux étaient déjà décédés.

darmstadt

     Arrivé au « komando » une quinzaine d’entre eux étaient couchés sur leur lit en proie à cette grave maladie. Je fut désigné pour accompagner une sentinelle pour emmener deux malades à l’hôpital du camp de Meschède, par un train de marchandises.

     Au cour du voyage, les cahotement du train fatiguèrent tellement un malheureux Italien, qu’il me fit comprendre qu’il allait mourir s’il n’arrivait pas bientôt, hors il y avait trois heures de voyage. L’Italien ne put résister aux cahots du train et mourut, l’autre malade arriva mal en point.

     Lorsque je revins au camp, toutes les couchettes étaient au complet, seul les lits ayant servi aux décédés étaient libres, on m’affecta une couchette malgré que la litière ne fut pas désinfectée.

      L’épidémie m’épargna cependant, car je n’eus pas le moindre symptôme de cette grave maladie et je repris le travail en « komando » à l’usine.

Extrait de « Mes trois ans de captivité chez les Bôches » d’Ernest DUGET 14e RI
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