Valencienne est libérée

4 novembre : Emile CARLIER du 127e RI avant la guerre à Douai

     En descendant à Retournemer, je trouve une animation inaccoutumée. Un cycliste est allé à Gérardmer, brandit des journaux et clame à tous les échos la reprise de Valenciennes !

     Je remonte aussitôt pour annoncer la bonne nouvelle aux camarades. Tout le monde est fou de joie. A 4 heures, la musique du 127° et la foule des soldats, viennent se presser, route de la Schlucht, devant le P.C., et pour la première fois sur le sommet des Vosges, retentit un air qui fait couler nos pleurs, évoquant l’image de la petite patrie perdue depuis quatre ans et soudainement reconquise, « Les Enfants de Valenciennes ! ».

Extrait de « Mort pas encore » de Emile Carlier

Jules Mousseron raconte en ch’ti la libération de Valencienne97379169_o

Sans discontinuer, l’armée inglais’ défile.
Les fanfar’s indiablé’s résonn’tent dins not’ ville.
Nous somm’s émerveillés ed vir tant d’ régimints.
Les troupiers sont robust’s et march’nt au pas crân’mint.
Des qu’vaux in plein’ vigueur mèn’nt el bell’ artill’rie.
Des tracteurs étinç’lants saqu’nt les pus gross’ batt’ries,
Des mulets intrépit’s trîn’nt des milliers d’ caissons.
Les camions sont r’bourrés ed vivr’s et d’munitions.
L’ vu’ d’ tout cha, dins nos coeurs, met l’ pus sincèr’ confiance,
Et tout l’ monde applaudit l’armée ami’ d’ la France.
Les Inglais, qu’ nous vantons pou leus succès nombreux,
Nous répond’nt carrémint qu’ les Poilus, ch’ est cor mieux.
Spectaqu’ nouviau pour nous! les musiqu’s écossaisses
Lanc’nt ed leus cornémus’s des sons pleins d’allégresse.
Les soldats qui les suit’nt march’nt si fiers et si biaux,
D’aut’s musiqu’s militair’s anim’nt el foul’ joyeusse.
In cant’ la Marseillais’, Sambre-et-Meuse avec eusses.
Des cris d’acclamation anim’nt ces biaux troupiers,
Et des jonn’ fill’s lieu-z’offr’nt des fleurs et des baisers.
El tonnerr’ du canon à tout’ volé’ randoulle
Et mêle es voix puissante aux r’frains guerriers del foule.
O peuple! edpus quatre ans, t’as si dur’mint souffert!
Ch’est des cris d’ liberté qu’ té lanç’ ainsi dins l’air.
Ch’ est l’ canchon d’ délivranç’ qu’ té jett’ dé t’ pauv’ carcasse.
T’es libre et t’as bésoin dé l’ clamer dins l’espace.
Ah! cri’ t’n arconnaissance aux soldats; car té sais
Qu’ cheux-là qui t’ont fait libr’ t’ donn’ront aussi la Paix.
Cante ed joi’, va, bon peupl’, té v’là sorti d’ l’abîme!
Té n’ vivras pus jamais d’ momint aussi sublime.
Les derniers sacrifiç’s chass’nt les derniers tyrans.
Français, faisons honneur aux héros si vaillants!

Les Canadiens s’ conduit’nt invers nous comm’ des frères.
In sint qu’ leus amitiés pou l’ Français sont sincères.
I sont polis, affabl’s, pleins d’ générosité.
In peut dir’ qu’ ch’est les vrais soldats d’ l’humanité.
Avec ces comarat’s, la vie ardévient bonne.
In oubli’ d’jà s’ misère, in est dins un aut’ monne.
Nous savons qu’ tout’s nos pein’s n’ nous quitt’ront point d’ sitôt.
Mais nous somm’s quitt’s des Boch’s, et ch’est tout ç’ qu’i nous faut!

 Jules Mousseron, « Les Boches au Pays noir », 1920
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