La démobilisation

     Certaines classes achevaient leur service militaire à l’été 1914. Cela fait donc sept ans qu’ils servent leur pays. Et pourtant, ils leur frauderont encore attendre un an avant de pouvoir être libéré. La masse des soldats constituent un moyen de pression sur l’Allemagne pour la signature de la paix définitive à Versailles,qui n’interviendra que le 28 juin 1919. Il faut en attendant occuper la Rhénanie en Allemagne et maintenir l’ordre en Orient.

     Pour la démobilisation, on donne priorité à l’ancienneté, dès décembre 1918, les hommes de la tranche (49 à 51 ans) peuvent rentrer dans leurs foyers. Les hommes de 32 à 48 ans sont renvoyés chez eux de décembre à juillet 1919. Les classes plus jeunes constituant la réserve de l’armée active, c’est-à-dire comprenant les soldats de moins de 32 ans, sont maintenues sous les drapeaux jusqu’en juillet 1919. Ce sera seulement le 14 octobre 1919 que sera signé le décret de démobilisation générale.

     Globalement, la démobilisation de l’armée française se fera entre l’automne 1918 et le printemps 1920.

     Les premiers retours créent bien des désillusions, les hommes rentrent en effet dans l’indifférence des autorités, sans cérémonie d’aucune sorte. Pour remplacer les vêtements laissés à la caserne, abandonnés ou abîmés, ils ne reçoivent qu’un costume mal taillé dit « Abrami », ou bien, une somme ridicule de 52 francs. C’est seulement à partir de mars 1919 qu’on leur versera une prime de démobilisation (250 francs plus 20 francs par mois de présence au front).

     Les futurs démobilisés vivent dans l’inquiétude de ne pouvoir retrouver un travail, dans un monde qui a fonctionné sans eux pendant toute la guerre et dont les femmes ont pris une place primordiale.
Les entreprises sont dans l’obligation légale de reprendre leurs anciens employés, mais il est difficile de mettre à la porte ceux qui les ont remplacés, certaines ont disparues au cours de la guerre. Seuls les agriculteurs, retrouvent leurs exploitations que leurs familles ont fait fonctionner.

     Le retour des soldats russes, venus combattre en France ce fera  de fin 1919 à début 1920 contre un échange de français retenus en otage. Les russes loyalistes dit « russes blancs » resteront volontairement en France, leur retour sera impossible dans la nouvelle Russie bolchevique.

     Le retour des soldats indigènes originaires des colonies va se faire sur un an,dans leur tribut on admire leurs actions militaires, ils jouissent d’un grand prestige. Ils ont pris des manières européennes, ils fument le tabac, parlent quelques mots de français. Certains cherchent à échapper aux injonctions de l’administration coloniale qui craint qu’ils ne soient contaminés par les idées révolutionnaires qui circulent au sein de la classe ouvrière française.

     Les Annamites, que l’on surnomme « les Chinois » et qui ont servi de main d’œuvre sur l’arrière front, vont être employés sur les premiers chantiers de déblayage du front, ils regagneront  leur pays qu’en juillet 1920.

     La vie de la France va pouvoir enfin retrouver sa vie d’antan, mais en fait, rien ne sera plus tout à fait comme avant.

Extrait de « La victoire endeuillée. La sortie de guerre des soldats français(1918-1920 ) » de Bruno Cabanes

Et d’un texte de Jacques Frémeaux

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