Le déminage

La guerre est finie, il faut procéder au déminage du champ de bataille. Des équipes de démineurs sont affectées sur chaque commune, à Souain il y en aura trois. Chaque équipe est composée de trois ou quatre personnes, d’anciens militaires étrangers principalement. Dans le cimetière civil du village repose les corps de trois d’entre eux, le  14 octobre 1920, un obus manipulé explose, et tue Alexandre BARIOT, Okdrny FRANCISZECH et Kelmel VENCESLAS. La quantité de projectiles à détruire est colossale, on ramasse ceux qui sont en surface du sol et on cherche le moyen de les détruire.

Expérience de destruction d’obus à Tahure

En juillet 1919, on va faire des essais près de Tahure où l’on va concentrer une centaine de tonnes au même endroit pour trouver le moyen de les faire exploser ensemble dans un gigantesque fourneau.

http://www.cnc-aff.fr/internet_cnc/internet/ARemplir/parcours/EFG1914/pages_FR/53395.html

Les agriculteurs par la suite en labourant vont continuellement remonter des explosifs si bien que cent ans après la fin de ce conflit on en retrouve encore et chaque semaine des démineurs de la sécurité civile les font exploser.

Les obus sont toujours actifs malgré la corrosion, mais d’autres munitions plus sournoise comme les obus à gaz sont sous haute surveillance, leur enveloppe métallique plus  fine  se dégrade laissant échapper le liquide gazeux.

On trouve dans les registres de la commune que deux morts civils par explosion juste après la guerre.

Le principal danger était le feu, les agriculteurs avant d’en allumer un dans les bois, sondaient le sol avec les dents d’une fourche pour vérifier si un obus ne se trouvait pas en dessous.

Tas de ferraille de « chez Dominque »

Les étrangers une fois le conflit fini ont servi à nettoyer le champ de bataille, reboucher les trous et relever les corps. Un fois ce travail terminé, ils ont  trouvé une activité lucrative dans le ramassage de la ferraille, environ trente personnes par commune, femmes et enfants compris chaque jour rapportaient chacun une centaine de kg de fer ou de cuivre ce qui leur permettaient de vivre. Les plus malins d’entre eux ont construit des cantines et se sont mis dans le commerce du métal, reprenant le soir  le salaire des récupérateurs moyennant nourriture, couchage et plus contre affinité.

Il y avait une dizaine de cafés officiels et clandestins sur la commune et le village comme tous les autres du front prenait le soir des allures de far-west. Il y avait à coté des tas de ferraille qui ne cessaient de grossir une ambiance de piano bastringue avec des filles qui avaient dit-on un mini revolver dans le soutien-gorge pour se protéger.

Les enfants chaque jeudi jusque dans les année 1965, allaient ramasser le métal sur les labours et se constituaient une petite cagnotte, les parents leurs faisaient les recommandations d’usage de ne toucher aucun engin dangereux.  

Le dernier récupérateur de ferraille a raccroché son sac en 1967, il s’appelait Popol.

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Un commentaire pour Le déminage

  1. RAGON dit :

    Bonjour,
    Merci pour cet article très intéressant. J’ai connu un agriculteur a Massiges qui a accumulé un véritable musée avec ses récupérations…. au mépris de toute prudence, ses hangars etant remplis d’obus non explosés. La visite fut toutefois très intéressante. Je ne sais ce qu’il est advenu de tout ce stock… Cordialement
    Pascal RAGON

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