Le découragement

La joie du retour, fait place à l’abattement. Il y a tant à faire, il faut redémarrer de zéro. Quelques habitants sont revenus fin 1919 et ont trouvé refuge dans des cabanes construites de brique et de broc avec des bouts de bois et des tôles récupérées sur le champ de bataille, certains vont habiter dans les cagnas des soldats ou comme à Sommepy dans les abris allemands construits dans le talus de l’église.

Mais le retour officiel s’est fait lorsque l’état l’a décidé en 1920 après que les baraques Adrien aient été construites. Ces baraques étaient prévues pour une durée de vie de 10 ans, juste pour faire la transition en attendant la construction des vraies maisons. Certaines maisons provisoires sont encore cent ans après toujours habitées aujourd’hui.

Mais être revenu ne signifie pas que la vie va reprendre comme avant, la première année va être très difficile. Il faut retrouver les puits, les nettoyer et les dépolluer, il faut se nourrir, or pour manger le premier légume il faut le planter et attendre trois à cinq mois pour pouvoir le récolter. Pour pouvoir vivre en autarcie il faut un minimum de bases, il faut des poules pour les œufs, des lapins pour la viande, par chance les lapins de garenne pullulent sur le champ de bataille. La première chose qui fut mise en  place fut le rapatriement du mobilier de son ancien lieu d’accueil, puis créer un jardin ensuite reconstituer du cheptel. Produire de la nourriture  a été l’obsession de la première année et une bonne dose de foie a été nécessaire pour surmonter les épreuves, en même temps que la construction des maisons provisoires on a construit une école et une église pour venir si ressourcer.

L’église provisoire

En 1921 on remplit les formulaires de dommages de guerre, il faut refaire les plans des anciennes maisons d’avant 14 et évaluer leur valeur et les pertes que la guerre a occasionnées.

La population du reste de la France prend conscience du dénuement des populations de la zone de guerre et on met en place des systèmes d’aides. Les gens réclament des poêles, des vêtements, des draps, des galoches et chaussures et des produits pharmaceutiques de première urgence.

La solidarité se met en place un an après le retour, le comité franco-américain de Sommepy aide la commune, la famille du soldat américain Henri Farnsworth tué à Souain apporte son soutien financier. Un système de parrainage se met en  place de ville à ville ou village de l’avant avec ceux de l’arrière. A Souain trois communes d’Algérie nous adoptent, il s’agit de Daria  avec 500fr pendant 10 ans de Damiette pour 2300 fr et de Lodi pour 200fr pendant 5 ans, elles font des bals pour récolter des fonds et donnent des subventions annuelles.

Somme-Tourbe la lessive

A Sommepy le comité franco-américain va offrir au village, la vache Agatha venue spécialement des Etats-Unis par bateau pour recréer le cheptel.

Ainsi va la vie et petit à petit le village va renaître de ses cendres.

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Un commentaire pour Le découragement

  1. Bonjour M.Godin,
    merci beaucoup pour tous ces articles.
    En lisant celui-ci, on se rend bien compte que la guerre n’était pas forcément terminée pour tout le monde et que bien longtemps après la fin des hostilités, les traces sont encore présentes et les destructions viennent rappeler aux mémoires que tant d’hommes ont souffert sur les lieux des combats.

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