On vient de franchir la Meuse

10 novembre : On vient cette nuit de passer de l’autre coté de la Meuse

L’un des poilus du PC n’hésita pas à demander au général : « C’est-y vrai, mon Général, que c’est la Paix ? » Le général lui fit cette réponse :  « Mais non , mon petit, pour qu’il y ait paix, il faut d’abord que soit signé un armistice ().

On vient de recevoir un ordre du Général Marjoulet

       Il faut franchir la Meuse cette nuit ; il le faut à tout prix. L’ennemi hésite à signer l’armistice. Il se croit à l’abri derrière la Meuse. Il faut frapper son moral par un acte d’audace. Passez comme vous pourrez : au besoin sur les voitures de vos convois, mises en travers du fleuve. 

Le chef de bataillon de Menditte,

     Avant demain matin 10 novembre, avant le lever du jour, il faut – je dis bien il faut – avoir franchi la Meuse. Pour l’instant, une compagnie se portera sur Vrigne, une autre vers le Signal de l’Épine. La dernière se placera à gauche, en direction de Nouvion. Volontairement, l’artillerie restera silencieuse jusqu’à nouvel avis. J’insiste sur le silence. Effet de surprise. Voilà Messieurs. Le général Boichut compte sur nous. Bon courage !

415

…..« Il fait une brume intense et un froid de chien, mais mes pionniers aidés par le Génie  ont mis deux planches sur la porte de l’écluse et ont aligné sur l’armature du barrage des planches mises bout à bout. Le Boche veille et tire de temps en temps, mais ça marche.» 

    A 8 heures 15 ce matin, le 415e régiment d’infanterie a franchi la Meuse avec 700 hommes, mais il se trouve seul dans une poche surplombé par les collines alentours face à toute l’armée allemande.

https://journals.openedition.org/rha/291

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La guerre va bientôt finir

9 novembre :Emile LARDENOIS vient d’être gazé hier, mais ses jours ne sont pas en danger. Maubeuge vient d’être libéré par la garde  britannique.

Ernest DUGUET du 14eRI prisonnier en Allemagne au camp d’Hüstein

     Les employés allemands qui travaillent avec nous à l’usine causait de la guerre avec une singulière animation. Beaucoup d’entre eux nous déclaraient même que la guerre allait bientôt finir et que l’Allemagne était battue.

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Serait-ce la fin!

8 novembre: Nous sommes dans les quartiers Sud de Mézières.

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4e Génie Jukien POULHES

8 novembre : Nous voilà à Foigy sur le Thon, nous allons y faire un pont, on nous dit que les parlementaires Boches sont passés sur la route d’Haudroy à La Capelle avec le drapeaux blanc à quelques kilomètres de nous.

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Les civils nous acclament

7 novembre : Les Allemands se replient sur la Meuse, nous progressons maintenant de 15kms chaque jour et nous contrôlons la rive gauche du fleuve jusqu’à Sedan.

 

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7 novembre : Plus de 2 000 réfugiés civils provenant de l’Argonne, et des régions St-Quentin – Bapaume se trouvent dans Singly. Malgré leur état de misère extrême, tous ces civils accourent dans la nuit pluvieuse pour acclamer avec enthousiasme les soldats et leur manifester la joie qu’il éprouvent d’être enfin délivrés.

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4e Génie Jukien POULHES à Faucouzy

7 novembre : Nous rencontrons le premier civil que les Boches ont laissé derrière. Quelle fête pour ce pauvre homme de revoir les Français, puis nous avançons, tous les villages sont maintenant habités. Tous le monde vient au devant de nous avec des drapeaux. Tous les chemins sont décorés, pavoisés. On se demande d’où sont sortis tous ces drapeaux dans un pays que les Boches occupaient encore hier matin.

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Attention aux pièges

6 novembre : Les Américains poursuivent leur progression et sont maintenant en tête, ils ont atteint Stone. Pour ne pas se faire déborder, les Allemands lâchent la vallée de l’Aisne. Nous progressons de nouveau sur tout le front, avec prudence, les ennemis  dans leur retraite piègent toutes sortes d’objet ou de bâtiment avec des grenades ou autres explosifs.

De notre correspondante Louise DAVIOT infirmière de la Croix Rouge Française.

On a vu des prisonniers Allemands venir vers nous, trois officiers se sont détachés, c’était pour nous prévenir que les baraquements que nous avions pris deux jours avant en faisant l’avance, étaient minés et devaient sauter à deux heures de l’après-midi !…

Louise Anna DAVIOT, infirmière de la Croix Rouge Française
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Les villages sont brûlés

5 novembre Les Américains poursuivent leur progression et sont maintenant en tête.

Depuis que nous avons quitté la zone des combats du front de Champagne, tous les villages que nous prenons sont systématiquement détruits, ravagés. A l’image de celui d’Attigny que les Allemands ont saccagé en dynamitant toutes les maisons une à une parce que cette localité a été une résidence carolingienne de Charlemagne.

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Ils pratiquent la politique de la terre brûlée, il n’y a plus d’habitants, ils ont été déportés vers le nord des Ardennes. On voit au fur et à mesure de notre avancement les villages se consumer au loin devant nous et toutes les usines sont détruites.

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Valencienne est libérée

4 novembre : Emile CARLIER du 127e RI avant la guerre à Douai

     En descendant à Retournemer, je trouve une animation inaccoutumée. Un cycliste est allé à Gérardmer, brandit des journaux et clame à tous les échos la reprise de Valenciennes !

     Je remonte aussitôt pour annoncer la bonne nouvelle aux camarades. Tout le monde est fou de joie. A 4 heures, la musique du 127° et la foule des soldats, viennent se presser, route de la Schlucht, devant le P.C., et pour la première fois sur le sommet des Vosges, retentit un air qui fait couler nos pleurs, évoquant l’image de la petite patrie perdue depuis quatre ans et soudainement reconquise, « Les Enfants de Valenciennes ! ».

Extrait de « Mort pas encore » de Emile Carlier

Jules Mousseron raconte en ch’ti la libération de Valencienne97379169_o

Sans discontinuer, l’armée inglais’ défile.
Les fanfar’s indiablé’s résonn’tent dins not’ ville.
Nous somm’s émerveillés ed vir tant d’ régimints.
Les troupiers sont robust’s et march’nt au pas crân’mint.
Des qu’vaux in plein’ vigueur mèn’nt el bell’ artill’rie.
Des tracteurs étinç’lants saqu’nt les pus gross’ batt’ries,
Des mulets intrépit’s trîn’nt des milliers d’ caissons.
Les camions sont r’bourrés ed vivr’s et d’munitions.
L’ vu’ d’ tout cha, dins nos coeurs, met l’ pus sincèr’ confiance,
Et tout l’ monde applaudit l’armée ami’ d’ la France.
Les Inglais, qu’ nous vantons pou leus succès nombreux,
Nous répond’nt carrémint qu’ les Poilus, ch’ est cor mieux.
Spectaqu’ nouviau pour nous! les musiqu’s écossaisses
Lanc’nt ed leus cornémus’s des sons pleins d’allégresse.
Les soldats qui les suit’nt march’nt si fiers et si biaux,
D’aut’s musiqu’s militair’s anim’nt el foul’ joyeusse.
In cant’ la Marseillais’, Sambre-et-Meuse avec eusses.
Des cris d’acclamation anim’nt ces biaux troupiers,
Et des jonn’ fill’s lieu-z’offr’nt des fleurs et des baisers.
El tonnerr’ du canon à tout’ volé’ randoulle
Et mêle es voix puissante aux r’frains guerriers del foule.
O peuple! edpus quatre ans, t’as si dur’mint souffert!
Ch’est des cris d’ liberté qu’ té lanç’ ainsi dins l’air.
Ch’ est l’ canchon d’ délivranç’ qu’ té jett’ dé t’ pauv’ carcasse.
T’es libre et t’as bésoin dé l’ clamer dins l’espace.
Ah! cri’ t’n arconnaissance aux soldats; car té sais
Qu’ cheux-là qui t’ont fait libr’ t’ donn’ront aussi la Paix.
Cante ed joi’, va, bon peupl’, té v’là sorti d’ l’abîme!
Té n’ vivras pus jamais d’ momint aussi sublime.
Les derniers sacrifiç’s chass’nt les derniers tyrans.
Français, faisons honneur aux héros si vaillants!

Les Canadiens s’ conduit’nt invers nous comm’ des frères.
In sint qu’ leus amitiés pou l’ Français sont sincères.
I sont polis, affabl’s, pleins d’ générosité.
In peut dir’ qu’ ch’est les vrais soldats d’ l’humanité.
Avec ces comarat’s, la vie ardévient bonne.
In oubli’ d’jà s’ misère, in est dins un aut’ monne.
Nous savons qu’ tout’s nos pein’s n’ nous quitt’ront point d’ sitôt.
Mais nous somm’s quitt’s des Boch’s, et ch’est tout ç’ qu’i nous faut!

 Jules Mousseron, « Les Boches au Pays noir », 1920
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