Le village renaît

L’heure de faire revenir les populations approche, nous sommes en 1920, les annamites terminent de nettoyer le champ de bataille. On les emploie maintenant avec des travailleurs étrangers à déblayer les villages. On construit dans toutes les communes ravagées de grands campements pour loger cette main d’œuvre si nécessaire.

A Souain quatre grands baraquements sortent de terre que l’on nomme « le camp des chinois », ils peuvent accueillir 150 ouvriers. Le village est maintenant un grand chantier, des norias de chariots se succèdent pour charrier les gravats des anciennes maisons. C’est une ruche qui s’active à abattre les ruines des pans de mur au trois quarts effondrés. Les bruits des pics de pioches et des cahotements des roues des tombereaux résonnent dans la cuvette de Souain. Un géomètre est là pour retrouver les limites des propriétés, on en profite pour faire un plan d’alignement qui va redessiner le futur village. On redresse les routes, on échange, on rachète des parcelles pour remembrer et améliorer le parcellaire de la commune.

Tout est maintenant aplani, nivelé, les trous d’obus rebouchés et le sol déminé. Les conditions pour que le village renaisse sont maintenant réunies et l’on voit ça et là se construire les squelettes en bois des futures maisons provisoires « Adrian ». Différents modèles existent chez nous les murs sont en briques, des maçons italiens remplissent les cadres de bois et en quelques jours ces abris provisoires sont montés. Ces petites maisons ont quatre pièces de 12m2 et un appentis, les agriculteurs ont en plus une grange en bois avec devant une écurie pour deux chevaux et trois vaches. L’église et l’école n’échappent pas au baraquement.

Au fond l’église provisoire

Cela fait plus d’un an que la guerre est finie et le village renaît enfin de ses cendres.

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2 commentaires pour Le village renaît

  1. lepupu dit :

    Bonjour

    Une petite correction, les maisons provisoire sont « Adrian » et non Adrien, il me semble, du nom de leur concepteur Louis ADRIAN qui donna également son nom au casque des poilus.

    J'aime

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