La grippe

     Des nouvelles du front :L’armée allemande attaque dans le Nord et dans la Somme depuis plus d’un mois, les attaques semblent faiblir.

     Mais nous venons d’apprendre que Georges FOLLIAS du 131eRI à été porté disparu le 24 avril à Hangard-en-Santerre, il a reçu à titre posthume la Croix de Guerre et la citation à l’ordre de la Division « A été blessé en portant un ordre. Bien que plusieurs de ses camarades aient été mis hors de combat en traversant un passage dangereux, s’est offert spontanément pour accomplir cette mission ».

    Et la mort d’Irénée PINART à Locres en Belgique ce 1er mai, Il avait reçu la médaille militaire avec étoile de bronze, il est décoré à titre posthume de la Médaille Militaire. Il est cité une deuxième fois à l’ordre du 96eRI « Soldat très énergique et courageux, a toujours rempli ses fonctions de brancardier avec dévouement le plus absolu, notamment aux derniers combats de la Somme ».

    Nous pensons à leurs familles et à notre village tellement meurtri.

 

Une grippe sévit dans l’armée depuis un mois on l’appelle « la grippe espagnole ».

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DES SOLDATS AMÉRICAINS VICTIMES DE LA GRIPPE ESPAGNOLE DANS UN HÔPITAL D’AIX-LES-BAINS, EN 1918

     Elle est caractérisée par une fièvre de 38° à 40°, céphalées, courbatures ; congestion de la face des conjonctives et du pharynx. La convalescence est longue et les malades présentent de nouveaux symptômes : toux de plus en plus impérieuse, pneumonies. Persistance de râles de congestion, c’est une affection épidémiologique.

     Elle décime les jeunes soldats qui sortent très affaiblit de cette épreuve, les beaux jours qui reviennent devraient la faire disparaître bientôt.

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Le brancardier

14 avril 1918 : Le 21 mars la France a failli perdre la guerre, les Allemands ont enfoncé le front de Picardie déplaçant les lignes de 60 Km jusqu’aux portes d’Amiens. C’est maintenant les mont des Flandres qui subissent la pression depuis le 9 avril nous coûtant 15km de terres françaises, jusqu’où cela va-t-il s’arrêter ?

De notre jeune correspondant Jean Francart de Saint-Rémy-sur-Bussy

      Je me souviens de l’année 1915, en six mois, du 1er juillet au 31 décembre, cinq cent quarante-deux soldats ont été conduits au cimetière militaire de Saint-Rémy. Pendant la période la plus dure qui dura environ trois semaines, ils étaient conduits au cimetière sur la fin de l’après-midi dans des ambulances qui prenaient la route de Somme-Suippe, elles coupaient à travers champs pour se rendre près des fosses. Descendus des ambulances sur un brancard, ils étaient portés et placés entre deux fosses, avec pour linceul un drap ou une toile de tente, presque toujours taché de sang.

     Le curé de la paroisse se rendait au cimetière en cortège accompagné d’un ou plusieurs aumôniers, du chantre et de deux enfants de chœur, l’un portant la croix et l’autre le bénitier. Le curé et les aumôniers bénissaient les tombes et donnaient l’absoute aux défunts. C’était impressionnant de voir tous ces jeunes hommes alignés au bord de leur tombe. Pour les descendre deux hommes prenaient le linceul un par la tête et l’autre par les pieds et ils mettaient le mort dans les bras d’un infirmier descendu dans la fosse, celui-ci était chargé de bien placer le corps dans le fond. Une compagnie de terrassiers a été chargée de creuser ces tombes qui avaient à peine un mètre trente de profondeur, il y en avait toujours une quarantaine d’avance. Après le 12 octobre, la situation étant redevenue plus calme, les morts ont été remis en bière et ils étaient passés par l’église.

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     Ici j’ouvre une parenthèse pour vous montrer une des facettes des combattants. Dans la section de brancardiers qui avait logé dans notre ferme, j’avais remarqué un homme grand et fort, un peu corpulent avec un visage rosé d’enfant, les chaussures toujours bien cirées, les habits tirés à quatre épingles, d’une grande politesse et d’un langage très raffiné, bon camarade mais différent des autres, à première vue, il ressemblait à un soldat d’opérette.

     Après douze jours, la section revint cantonner dans notre ferme, notre homme était complètement transformé, pas rasé, les habits sales et déchirés, il avait perdu vingt kilos. Les camarades qui eux aussi avaient fait plus que leur devoir, admiratifs, ne cessaient de répéter des éloges sur son compte car au péril de sa vie pendant douze jours et douze nuits, il n’avait cessé d’aller relever les blessés dans la ligne de feu sous la mitraille. Pour éviter les boyaux encombrés d’hommes qui montaient et des blessés qu’il fallait descendre, lui, il préféra les prendre sur son dos et à travers les trous d’obus, les barbelés, les tranchées éboulées, il les transportait au milieu des dangers au poste de secours, il était devenu un héros sans le savoir.

     Mais tout de suite il repris ses anciennes habitudes. Après avoir lavé ses habits, il reprisa soigneusement ses accrocs, il redevint lui-même.

Tiré de: Histoire du village de Saint-Rémy-sur-Bussy, pendant  la guerre de 1914-1918 et au-delà de Jean FRANCART
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C’est ma 7eme permission

30 mars 1918 : de notre correspondant le soldat DEVAUX du 56e RI

      Je reviens au front après une permission de 15 jours, c’est ma 7e depuis le début de la guerre. Rien de nouveaux pendant celle-ci, le civil ne pense plus du tout à la guerre, chacun a sa vie calme, travaille, gagne de l’or, entasse les bons de la défense nationale. Seules les familles qui ont encore des absents ont de l’inquiétude.

     Je retrouve ma compagnie au repos au camp « Allègre », pendant mon absence le bataillon a du subir une réaction très dure de l’ennemi à « la Galoche » qui a mis des moyens très puissants et est arrivé à reprendre le terrain gagné le 13 février dernier. J’appends la mort de plusieurs camarades.

     L’autre jour des ballonnets allemands nous ont apportés des journaux de propagande « la gazette des Ardennes » le poilu est très avide de les lire, mais tout est vite saisi par les officiers.

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la Gazette des Ardennes du 11 janvier 1918 : un soldat allemand s’adresse à la Marianne française et au John Bull britannique

     C’est le départ de la division, nous traversons l’Epine pour Châlons et arrivons à Sarry, le cantonnement est bien installé, chaque homme possède sa petite couchette faite avec du grillage, une paillasse et de bonnes couvertures. C’est la première fois depuis 1914 que nous sommes aussi bien couchés. Comme distraction, un foyer du soldat créer par une société Franco-américaine est particulièrement bien installé.

     A minuit les avions ennemis viennent bombarder Châlons, les bombes tombent avec fracas, un incendie a lieu près de la gare à la Brasserie.

     Ce 25 au soir cela fait trois jours que les « Gothas » viennent bombarder et causent des incendies et des victimes, jusqu’à trois heures du matin ce n’est que ronflement de moteurs et coups de canon, les bombes éclatent sans interruption.

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     Les habitants quittent la ville, c’est l’émigration, sur la route c’est une véritable procession, des femmes portant des paquets de hardes ou des enfants en bas âge, les uns poussent des voiturettes, les plus fortunés partent en voiture, tous gagnent les villages voisins de la ville pour y chercher un refuge. Cela nous rappelle août 1914.

Extrait du journal du soldat DEVAUX du 56e RI
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Les attaques vont reprendre

18 mars 1918 :      Cela fait 1326 jours que nous sommes en guerre, 1326 jours d’exil pour les habitants de Souain qui ont du s’expatrier où ils ont pu trouver un lieu d’accueil et un nouveau travail pour vivre. 1326 jours de combat pour les 75 jeunes du village dans des conditions de vie difficile, et malheureusement à ce jour 19 d’entre eux ne reviendront jamais.

     Le printemps qui montre le bout de son nez va réveiller la bête de guerre. Nos observateurs de l’aviation nous signalent des mouvements de troupes qui ne présagent rien de bon. Les Allemands vont sans doute tirer leurs dernières cartouches avant que les Américains ne soit opérationnel, ils débarquent par milliers chaque jour dans les ports de l’atlantique. Il y en déjà plus d’un million sur le sol français et on parle de deux millions avant la fin de l’année. Les premiers arrivés en 1917 après avoir été formés, sont engagés depuis un mois en secteur calme.

 De notre correspondant Julien Poulhès du 4e Génie

      Je suis détaché à Ste Ménéhould pour faire   un gros abri bétonnés pour l’état Major, mais il ne fait pas bon vivre ici. La ville est bombardée par obus et par avions. Il y a beaucoup de civils, ils se réfugient dans les caves quand ils entendent les avions, quel affolement, c’est démoralisant! Notre escouade commande un   bataillon de   travailleurs annamites.

     L’état-major ne peut plus tenir ici, leur logement sert de cible aux obus. Ils ont changé d’habitation plusieurs fois, le lendemain le tir allemand est rectifié, il y a sûrement des espions qui communiquent quand ils veulent avec les Allemands. Le Général de corps d’armée a même eu la visière de son képi traversé par un éclat d’obus et deux officiers de sa suite ont été tués aussi va t’il déménager.

vache

     Avant de partir nous devons aller enterrer une vache qu’un obus à tué dans l’étable, qui est bien endommagée. Le vieillard propriétaire de la vache, était resté seul dans la maison d’à coté, la vache était son seul bien.

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L’Obusite

26 février 1918 :

     Edmond de retour de permission vient de nous raconter une étrange histoire. De passage à Lyon il a rendu visite à son amis Louis à l’hôpital de la ville.

     L’histoire remonte à l’année dernière près de la butte de Tahure, Edmond et Louis étaient en faction en tranchée de seconde ligne , tout semblait calme dans cette douce matinée d’automne quand un obus de gros calibre explosa près du groupe de soldats. Son amis que se trouvait à proximité fut projeté à plus de dix mètres sans une égratignure alors que d’autres furent tués ou enseveli sous un mètre de terre. La force fut si puissante que les balles de sa cartouchières furent déformées.

     Lorsque l’on releva Louis ce n’était plus le même homme, il avait un regard perdu, il était parcouru de tremblements incontrôlés, le corps tout courbé et pas moyen de le résonner.

     Ce n’est pas la première fois qu’ Edmond   voyait ce phénomène, des soldats étaient retrouvés accroupis ou plies en deux, ils ne se relevaient pas, les yeux écarquillés. Certains sont devenus muets, sourds et même aveugles sans blessure organique, seulement du fait du choc et de la peur.

     D’autres se mettaient à vomir, de manière incontrôlée. Certains étaient atteints de contractures des pieds ou des mains et d’autres avait le corps qui se tordait dans tous les sens. Et puis, comme Louis il y avait aussi les trembleurs, ceux qui ne maîtrisaient plus leurs membres. Ils tremblaient, partout et tout le temps.

      En début 1914 et 1915 un tel comportement était considéré par les autorités comme de la simulation, ils étaient renvoyé au front et certain ont même été fusillés pour abandon de pose devant l’ennemi.

     Pour voir quels sont ceux qui simulaient, les médecins utilisaient des subterfuges. Ils annonçaient aux malades qu’ils allaient être anesthésiés pour être soignés. Anesthésie au chloroforme à laquelle personne n’avait vraiment envie de passer. Ceux qui refusaient étaient menés devant le Conseil de guerre (avec le risque d’être fusillés), sauf s’ils acceptaient de retourner au front et de reprendre les armes. Les moins touchés et ceux qui sont suspectés de simuler sont renvoyés au front.

      Louis se trouve dans un service de psychiatrie   il tremble toujours de manière incontrôlé et sursaute au moindre bruit. Il a du mal à me reconnaître.

      On appelle se symptôme « l’obusite », il est soigné selon la méthode du médecin chef Clovis Vincent, par la technique du « torpillage » envoie d’électricité par séances d’électrochocs musclés, d’isolement et de menaces diverses pour provoque un choc.

     Les médecins pensent que c’est une forme d’hystérie et que les soldats sont donc curables par « contre-suggestion ». Par exemple, si le bras part vers la gauche, on le maintient vers la droite. Si le poilu tremble, il est attaché de partout.

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     Un médecin utilise même la flagellation pour tenter de soigner les malades d’obusite. Il frappe les soldats de plus en plus fort en leur disant des phrases gentilles, aimables. C’est une façon de « casser » le cerveau. Pour que cela fonctionne, il ajoute au réchauffement extérieur fait par les gifles, un réchauffement intérieur en faisant ingurgiter de l’eau-de-vie aux Poilus.

      Edmond nous dit qu’il est ressorti de cette visite à son amis  complètement triste et dépité, de son avis, Louis ne guérira pas et finira sa vie avec les fous.

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Apatride

10 fevrier 1918 : Le front est calme sur Souain, quelques coups de canon, quelques morts, la routine!

Jules de passage près de Paris vient de nous raconter une histoire étrange, Il vient de rencontrer incidemment Joseph BURGY un alsacien du village d’ASPACH au sud de MULHOUSE. Ses parents qui étaient Français comme vous et moi sont devenu Allemands lors de l’annexion de leur territoire suite à la guerre de 1870. La langue officielle et obligatoire est devenue l’allemand, tous ne parlent donc que l’alsacien ou l’allemand qu’ils ont appris à l’école du village.

     Le 22 septembre 1914, quelques semaines après la déclaration de la guerre entre la France et l’Allemagne, des militaires français investissent le sud de l’Alsace, dans ces anciens territoires français, ils réquisitionnent la plupart des hommes valides d’Aspach et des villages environnants. Ce sont en fait des citoyens allemands qui sont partis avec les soldats français.

     Joseph BURGY né en 1875 a écrit dans un calepin sa déportation et son voyage vers l’ile du FRIOUL et les aléas que ces hommes ont endurés pendant ces quelques mois.

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     Départ le 22 septembre 1914 d’Aspach, vers Belfort sur deux jours à pied, d’où ils prennent le train jusqu’à Marseille. Arrivés à 17 heures après 32 heures de voyage, ils passent quelques jours dans le fort Saint Nicolas, couchés sur de la paille sur un sol en ciment. Près de deux cent personnes se trouvent dans le fort.

     Le 28 septembre, il fait très chaud, à peine supportable. Ce jour-là, embarquement en direction d’une petite île nommée FRIOUL. C’est un rocher près du château d’if au sud de MARSEILLE, où que l’on regarde, rien que des rochers. Le ciel et la mer aussi loin que l’on peut voir. Les habitants de la région les ont très mal accueillis. Les soldats qui les accompagnaient devaient les protéger de la foule sinon elle les aurait lynché. Sur cette île, il y plusieurs centaines de   personnes, dont des femmes avec des enfants en bas âge. Beaucoup sont malades à cause de la mauvaise alimentation et le manque d’hygiène (ex.: rester pendant quatre semaines dans les mêmes habits). Dormir sur un sol en ciment provoque des courbatures. Il y a trois médecins alsaciens sur place. Ils soignent gratuitement, mais les médicaments sont à payer. Mais avec quoi ? Le soir, les jeunes et les anciens chantent. Ce sont les hommes d’Aspach qui ont mis un peu d’ambiance avec quelques chansons joyeuses.

     Le 15 octobre, 500 hommes ont été désignés pour être embarqués, mais personne ne connaît la destination qui s’avérera être la Corse. Sur le trajet, ils ont essuyé une grosse tempête. Le bateau transporte d’habitude des animaux. Les hommes sont donc installés dans des étables. Auparavant des mulets y avaient séjourné. Il y avait une puanteur épouvantable. Tous étaient malades dans cette odeur infecte et avec les roulis de la mer déchaînée…

     Le voyage en bateau a duré 12 heures pour accoster dans le port de San-Sebastian. Après, nouveau départ en train cette fois dans un wagon à bestiaux. Durée du voyage : cinq heures. Arrivée à l’île Rousse. La plupart des hommes n’avait plus mangé depuis deux jours et demi et maintenant il fallait gravir une pente sous un soleil écrasant. La population corse a très mal accueilli tous ces hommes, les traitant de ‘Boches du Nord’ même les soldats et les gendarmes qui les accompagnaient les ont maltraités. Première nuit passée dans une église, sur de la paille pourrie. Le 22 octobre, départ de la Corse en bateau. Après 19 heures de trajet, ils se retrouvent de nouveau sur l’île de Frioul, alors que tous espéraient se retrouver en France continentale. Quelle déception !

     4 novembre, il y a plus de 1 500 personnes sur l’île. Des Alsaciens, des Lorrains, des Allemands, des Autrichiens, des gens de grande culture, des religieux, des millionnaires, des directeurs d’usines etc…

frioul

     Pour s’occuper, ces hommes devaient charger des bateaux, pomper de l’eau, et préparer les repas du lendemain. D’autres devaient transférer des documents datant de 1792 d’un bâtiment à l’autre ou nettoyer des bateaux.

     Ils se faisaient aussi du souci au sujet de leurs familles dont ils n’avaient que de rares nouvelles, alors qu’il y avait la guerre dans notre région. C’est dans la prière que les hommes ont trouvé du réconfort. Les fêtes religieuses tenaient une grande importance dans leur détresse. Elles leur rappelaient les jours heureux qu’ils n’avaient jamais si bien appréciés que loin de leur pays.

     Ce n’est que vers la fin décembre 1914 que les premiers prisonniers ont pu rejoindre Marseille. Le 3 janvier 1915, les derniers captifs ont été libérés. De là, ils sont partis pour travailler soit dans les usines, soit dans les fermes selon leur convenance car la main d’œuvre masculine est rare en ces temps de guerre.

     Ils sont 52 hommes d’ASPACH à avoir fait ce douloureux voyage. Tandis que les jeunes en état de se battre ont été incorporés dans l’armée allemande sur le front Russe. Depuis le début de cette guerre ils n’ont pas pu rentrer au pays, car les habitants du village ont tous été évacués dans d’autres régions éloignées du front, le 15 décembre 1915.

Du carnet de guerre de Joseph BURGY          http://www.parole-aspach.fr/bulletins/journal_captivite.pdf
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Le camp des Tracteurs

27 janvier 1918 : Faute de grands combats on organise toujours l’arrière front

 De notre jeune correspondant Jean Francart de Saint-Rémy-sur-Bussy

     Dans ce mois de janvier de grands travaux se poursuivent sur le territoire de Saint-Rémy. Un camp beaucoup plus grand que les deux premiers est édifié au lieu-dit le Mont des Temps, à gauche de la route de Somme-Suippe, face au camp Marchand, un peu au-dessus du chemin des champs qui relie la route au Mont Thomas. Il est destiné à loger les hommes et les chevaux des grandes unités d’artillerie et de transport. Dans de grands baraquements en bois bien aménagés en écuries, les chevaux sont alignés face à face sur deux rangées parallèles, séparées par les râteliers et les bacs.

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     Une maréchalerie est également construite à l’entrée du camp. En face des écuries, des baraquements sont construits, les uns destinés au logement des hommes et des services, les autres transformés en magasins pour abriter les vivres des hommes et des chevaux. Pour desservir ces deux rangées bien alignées, on a aménagé une route bordée de fossés pour l’écoulement des eaux. Les chevaux par leurs déjections donnent beaucoup de fumier de bonne qualité, il est répandu dans les champs avoisinants et les cultivateurs peuvent venir en chercher pour améliorer leurs terres.

     Ces deux camps ont un très grand besoin d’eau, pour leur en fournir, un puits a été creusé dans le fond de la vallée, au midi du camp dans un bois en bordure de la traverse de Saint-Rémy à Suippes. Pour la transporter à destination, une canalisation en tuyaux de fonte est enterrée reliant le puits aux deux camps et une puissante pompe aspirante et foulante envoie l’eau sur place. On l’appele le camp des tracteurs.

Tiré de: Histoire du village de Saint-Rémy-sur-Bussy, pendant  la guerre de 1914-1918 et au-delà de Jean FRANCART
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