Les chars entrent dans la danse

13 octobre 1918: Le front continu de s’enfoncer, les Allemands reculent partout ils se sont retranchés derrière la rivière de l’Aisne, enfin pas tout à fait, devant la rivière ils ont établi toute une série de blockhaus à 300m devant et y ont posté des nids de mitrailleuses nous laissant sur les coteaux sud de la vallée. Le front est maintenant fixé du Sud de Rethel à Autry en passant par Attigny, Vouziers et Savigny

Voici un récit que nous a fait parvenir notre correspondant le Capitaine Adam du 403e RI qui, il y a seulement 15 jours, était encore sur Sainte-Marie-à-Py à 25km de là.

     28 septembre 1918 : Les tanks éprouvent une grande difficulté à avancer dans l’obscurité au milieu de ce terrain chaotique, crevé de cratères profonds dans lesquels ils risquent de basculer, il faut leur préparer des passages pour franchir les tranchées dans lesquelles ils pourraient piquer du nez sans pouvoir se redresser.

    5h29 : Notre artillerie ouvre brusquement le feu et déclenche son barrage roulant devant nous.

     5h30 : Il fait encore complètement nuit, quelques secondes d’émotion et le signal « en avant ». Nous faisons quelques mètres, des obus de 75 tirés trop court éclatent derrière nous et nous obligent à attendre un peu, des fusées banches, rouges et vertes sillonnent le ciel à 1km, Les allemands ont donc évacués la tranchée de Düsseldorf devant nous. Nous allons trop vite, le barrage progresse à la vitesse de 25m à la minute, encore 3 minutes et il passera à 100m/mn. Quelques temps après, nous arrivons à la voie ferrée de Ste Marie à Py, nous la franchissons et les balles des mitrailleuses se mettent à siffler autour de nous. Mon ordonnance est touchée, il me dit « je suis mort », je le rassure, il me dit « non je le sens bien, je suis mort , j’ai préparé pour ma femme, un petit colis que vous enverrez à cette adresse » et il me la dicte.

     Il est plus de 6h, quelques chars sur la droite parviennent jusqu’au talus de la voie ferrée où ils sont abrités, ils vont passer sous un passage situé à 150m, les Allemands les attendent, tous ceux qui se présentent sont atteints par des obus et brûlent. Pas un tank ne passe la voie ferrée !

Ste Marie tank sept 1918

     Les chars à Ste Marie à Py après l’attaque du 28 septembre 1918

Les boches ont à leur disposition des fusils spéciaux antitanks qui tirent une cartouche en acier presque aussi grosse que le pouce et qui percent le blindage de 1cm en acier. Le projectile communique en général le feu au réservoir à essence et l’équipage n’a pas toujours le temps de sortir et est brûlé vif.

fusil antitank

     Il fait jour, ce triste spectacle me console un peu de ne pas encore voir arriver les chars qui me sont destinés. Les voilà qui arrivent au loin, ils ont à parcourir un glacis pendant ½ heure pour arriver à nous, je commande un tir d’obus fumigènes de 40mn pour masquer leur progression.

     Tout à coup un sifflement rapide, aigu, aussi fugitif qu’un éclair, se fait entendre, une explosion formidable se produit à 1m de notre groupe, nous sommes tous violemment projetés à terre et nous voyons une masse bleue projetée au-dessus de nos têtes et qui va retomber 10m plus loin.

     Par un hasard miraculeux ce 105 nous a coûté seulement deux tués, celui qui a été projeté au dessus de nous à formé écran en recevant toute la décharge de l’explosion, c’est grâce à lui   que nous sommes en vie.

     Les tanks arrivent et passent par un passage sous la voie sans recevoir un coup de canon. Couché le long du remblai du chemin de fer, je suis leur progression coté nord de la Py. Ils gravissent le glacis, les mitrailleuses allemandes crachent violemment, mais peu importe , les tanks sont à l’épreuve des balles ordinaires, l’un d’eux   tire plusieurs obus de 37 sur un repaire de mitrailleuses.

Chars 30 sept 1918 Exermot 1 DI US w3112

     Je m’apprête à progresser aussi, quand je vois les trois chars revenir en arrière et venir s’abriter derrière la voie ferrée au lieu d’aller jusqu’au fortin ennemi. Le Sous-officier qui les commande vient me trouver, il a la figure recouverte de sang qui ruisselle en minces filets. Il me dit. « Je regrette de ne pas avoir pu remplir ma mission, quand nous sommes arrivés à 200m du blockhaus, nous avons été accueillis par de violentes rafales de mitrailleuses. Les balles venant s’aplatir sur le blindage, se déchiquetaient et des gouttelettes de plomb fondu, passant par les fentes de visée venaient nous blesser au visage.

     Les autres chefs de char sont comme moi aveuglés par le sang qui coulent sur nos yeux, nous ne pouvions diriger nos chars ; de crainte qu’ils ne tombent aux mains de l’ennemi, je les ai ramenés. »

     Le Capitaine du 118eRi, si impatient tout à l’heure d’avancer, se refroidit un peu en entendant ce récit.

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Les noirs américains attaquent

6 octobre : Le font est enfoncé, les Allemand reculent partout.   Les américains ont pris le Blanc Mont au Nord de Sommepy et sont en pointe, c’est leur premier vrai combat, ils attaquent sans se protéger et progressent, mais au prix de très lourdes pertes, la 2e division US à déjà perdu 5000 hommes. Ils sont aux portes de Saint-Eienne-à-Arnes. Les Allemands sont contraint d’évacuer le Massif de Moronvilliers sans combattre pour ne pas être tournés, au moment d’écrire cet article, la ligne du front est maintenant portée d’Epoye à Condé-les-Autry en passant par Monthois. Nous avons avancé de plus de 15km.

     De notre correspondant le soldat Gabriel Chevallier du 163e RI secteur de Beauséjour

     Son régiment attaque derrière un régiment américain le 369e RIUS. Composé exclusivement de soldats noirs, l’armée américaine refuse de les mettre en première ligne comme unité combattante du fait de la couleur de leur peau. Les Français les ont donc incorporés dans la 161e division d’infanterie, ils gardent la tenue américaine et portent l’équipement français, ils sont en ligne depuis le mois d’avril .

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26 septembre 1918 « En avant ! » Nous partons dans les boyaux, l’affaire commence. Bientôt nous descendons les pentes du ravin, noyé d’une brume suspecte qui sent les gaz. Nous mettons les masques, pour les quitter parce que nous suffoquons. Nous franchissons la contre-pente et nous débouchons sur le plateau.

     Nous voici sur les positions ennemies. C’est un tel chaos que nous devons quitter les tranchées et avancer sur la plaine.

     Je me dis que ce spectacle a de la grandeur. Il est émouvant de voir ces groupes d’hommes fragiles, d’une petitesse dérisoire, ces chenilles bleues, si espacées, marcher à la rencontre des tonnerres, plonger dans les sillons et reparaître aux pentes de ces vallons d’enfer.

     Toute grandeur cesse, toute beauté disparaît subitement. Nous côtoyons des corps éparpillés, brisés, des hommes bleus affalés dans le néant sur une litière d’entrailles et de sang. Un blessé se tord, grimace et hurle. Il a le bras arraché, le torse à vif.

     Nous détournons les yeux pour ne pas voir les reproches qui sont dans les siens, nous courons pour ne pas entendre ses supplications.

    Ici, nous entrons vraiment dans la bataille, la chair alertée…

     Au-dessus de ce brouillard émergent les pentes ennemies dont les tranchées nous menacent. Nous avons avancé de deux ou trois kilomètres sur des positions vides. L’ennemi s’était retiré, se couvrant seulement de troupes sacrifiées qui se sont rendues sans combattre. Nous avons croisé un détachement de prisonniers abrutis par le martèlement de la nuit.

     Dans l’après-midi, les mitrailleuses se sont tues. Nous avançons sans combattre, le terrain conquis est couvert de cadavres des nôtres.

     Les Américains, qui ne savent pas se défiler ni s’abriter, sont très touchés. Nous les avons vus se déplacer au sifflet sous des tirs d’artillerie qui arrivaient au milieu de leurs sections et projetaient les hommes en l’air. Ils ont attaqué à la baïonnette, à découvert, le village de Séchault  devant lequel ils ont laissé des centaines de victimes.

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     En général, l’artillerie nous fait peu de mal et les Allemands n’ont qu’un petit nombre de pièces à nous opposer. Il est vrai qu’ils les utilisent bien et attendent d’avoir repéré un rassemblement pour tirer. Mais ils couvrent surtout leur retraite avec des mitrailleurs qui doivent avoir l’ordre de nous fixer un certain temps. Sur des terrains accidentés et nus, des mitrailleuses bien dissimulées ont une efficacité extraordinaire que nous éprouvons cruellement. Quelques sections résolues arrêtent des bataillons. Nous ne voyons pas d’ennemis. Quelques-uns se rendent au dernier moment, les autres se sauvent la nuit, leur mission terminée. Une fois de plus se confirme que l’assaillant, obligé d’adopter des formations denses, a le rôle le plus dangereux.

     Dans la matinée suivante, nous voyons venir à nous deux officiers américains. L’un nous interroge, j’isole des bribes de phrases : « / am… colonel… Hâve y ou seen ?… » Je comprends que nous sommes en présence du colonel américain qui cherche son régiment, la canne à la main. Je lui explique par signes que je n’en sais pas plus que lui. Ou plutôt, je ne peux lui communiquer ce que je sais. A savoir que son régiment, par inexpérience, a perdu les trois quarts de son effectif en six jours. (Il n’a donc pas regardé les grappes d’hommes kakis étalés sur les plateaux, qui passent lentement de leur brun naturel au vert de la décomposition ?) Pour le dernier quart, un peu dégoûté de la guerre dont il a constaté les effets, il a dû aller planter sa tente dans des endroits paisibles, du côté des cuisines et du train de combat. Le colonel, navré, s’éloigne dans la direction des coups de fusil. L’idée de ce colonel qui a perdu son régiment nous distrait le reste de la journée.

      Une batterie de 150 et une batterie de 88 nous prennent d’enfilade. Le tir est exactement réglé sur l’axe et la profondeur du bataillon. Au moment où nous-y pensions le moins la terrible angoisse nous prend à la gorge et nous serre les entrailles. Nous sommes immobilisés sous le bombardement systématique. Une fois de plus notre vie est en jeu sans que nous puissions la défendre.

     Je pense que c’est aujourd’hui le 6 octobre 1918, que nous sommes près de la fin… Il ne faut pas, il ne faut plus être tué !

     Il a plu, les nuits sont froides. Depuis dix jours, les hommes couchent sur la terre nue et se battent, presque sans sommeil et sans avoir rien pris de chaud. Ils sont fatigués, malades; le major évacue beaucoup. Tous nous demandons la relève.

Extrait de « La peur’ de Gabriel Chevallier
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Nous sommes à Sommepy

2 octobre: On progresse bien, les américains attaquent en ce moment le Blanc mont et enfoncent un coin dans la ligne allemande.

Voici après coup un récit d’un combattant du 118RI à l’attaque de la ferme de Navarin

26 septembre 1918 : Nous atteignons d’un seul bond la seconde ligne allemande sur la crête de Navarin, où de rares survivants seront trouvés prostrés, abrutis par la violence de notre bombardement. Nous avons envoyé onze obus par mètre courant sur la ligne allemande.

     Cependant arrivé au sommet de la crête, il faut quand même stopper, les réseaux de barbelés situés en contre pente n’ont pas assez été détruits étant cachés à nos observateurs. Des mitrailleuses allemandes postées dans une tranchée à moins de 100m balaient la crête. Le 27 au levé du jour, nous tentons de dévaler la pente vers Sommepy, nos canons se sont avancés dans la nuit pour être au plus proche mais tirent au jugé, ils essayent de faire des brèches dans le réseau.

     Il y a là, près de la ferme, un énorme entonnoir de mine que les allemands ont fait exploser pour couper la route, avant de retraiter sur leur seconde ligne derrière Sommepy. Ils ont laissé des mitrailleurs, placés là « en enfants perdus » qui nous interdissent toute progression.

     Nous nous sommes mis à l’abri dans le cratère de 30m de diamètre, combien sommes nous dans ce piège 80, 100 peut être, il fallait si attendre les allemands règlent leur tir, nous sommes encadrés. Il faut quitter l’entonnoir et revenir en arrière, mais dès que l’on se présente sur la lèvre on est sonné par une rafale de mitrailleuse, il faudrait demander à notre artillerie de cibler le nid, mais pourra-t-on porter cette demande ?

navarin plan

     Il faut quand même se décider, sur le ventre en rampant de trous d’obus en trous d’obus ceux qui auront le culot de sortir se retrouveront derrière les gravats de la ferme de Navarin, hélas pas tous !

     Dans la nuit du 28, par un large mouvement d’enveloppement la position de mitrailleuse sera prise à revers. Pas de quartier, ils seront tous tués, ils n’étaient qu’une douzaine, mais à eux seuls, ils avaient paralysé la marche d’un bataillon pendant toute une journée.

     Nous allons installer notre central téléphonique dans le blockhaus, traqués par l’artillerie allemande. A l’intérieur, six cadavres ennemis, au fond un escalier d’une vingtaine de marches accédait à une petite pièce de 4m au carré où se trouvaient une quinzaine de paquetages.

Récit d’un soldat du 19e de Brest

28 septembre : Nous dévalons les pentes de Navarin avant le levé du jour à 4h30 et assez rapidement nous atteignons la voie ferrée qui court au sud de Sommepy. Des passages ont été fait la nuit dans les tranchées allemandes sur la crête de Navarin, pour permettre le passage des chars Renault. A 8h30 nous traversons la Py et atteignons la tranchée Krefeld, nous sommes en tête et devons stopper nous n’avons plus la liaison avec le reste du bataillon encore occupé au nettoyage. L’artillerie suit très mal les progrès de l’avance. Peut après une pièce anti-tanks se dévoile, elle est neutralisé avec un obus de 37.

     Pendant ce temps le 1er Bataillon peine dans Sommepy, nous sommes avancés de part et d’autre du village et atteignons   la position allemande au nord du village. Une contre-attaque se déclenche sur le 62RI le rejetant dans le fond de la Py. Leur section de chars va soulever l’enthousiasme des hommes spectateurs de cette action. Cette section part seule à l’assaut, elle avance sur le glacis, débusque au passage quelques mitrailleurs tapis dans des trous, atteint la première tranchée, la nettoie, se débarrasse d’adversaires qui ont sauté sur les appareils et continue. Cette action permet au 62RI de s’installer définitivement sur son objectif.

     La journée a été dure dans l’ensemble et la fatigue commence à se faire sentir dans les unités qui entament leur quatrième nuit de bataille.

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A 28 contre 730

28 septembre Notre attaque avance bien nous avons avancé de trois et cinq km dans les lignes ennemies. On se bat aujourd’hui dans Sommepy et nous sommes sur la voie ferrée de Sainte Marie à Py.

Voici le premier récit d’un combattant colonial anonyme du coté de la Dormoise sur Tahure.

26 septembre 1918 : Notre attaque débute à 5h35. Le brouillard est intense, on ne voit pas à 50 mètres, le 1er Bataillon sort en première vague et progresse malgré la résistance de l’ennemi et enlève son objectif. Le 4eme Bataillon auquel j’appartiens part relever le 1er, pendant une heure la ligne est stabilisée, notre tir d’artillerie inflige à l’ennemi un sérieux pilonnage. Le brouillard demeure aussi intense qu’au départ de l’attaque, à l’heure dite le Capitaine crie : « la liaison derrière moi, en avant » et nous courrons sur l’adversaire. Ce dernier lâche quelques rafales de mitrailleuse qui nous causent quelques pertes légères, le barrage roulant nous précède et nous voyons nos ennemis se rendre prisonnier.

Tahure Colonne de prisonniers allemands dans une tranchee

Il est 8h 35, nous passons en première vague, nous marchons en file indienne dans un boyau qui nous mène vers le Nord sans essuyer un coup de feu. Vers 9h le brouillard commence à se dissiper, nous continuons à marcher sans jamais voir d’Allemands. Tout à coup le soleil perce la brume rendant encore plus angoissant notre solitude, on pourrait croire que la guerre est terminée tellement il règne un calme total autour de nous. Les canons et les fusils se sont tus, aussi loin que porte notre regard, nous ne voyons ni Français ni Allemands, malgré cela le Capitaine va de l’avant. Il est 9h40, nous voyons venir à nous un grand fantassin Allemand tout déséquipé, arrivé à portée de voix, il dit quelque chose, un camarade traduit : mon Capitaine, il vous fait dire qu’un Bataillon Allemand demande à se rendre, il se trouve au ravin de la Dormoise à environ 600 mètres d’ici. « Mes enfants combien sommes nous », nous dit le Capitaine, « 29 répond l’Aspirant, allons y et du cran », nous y arrivons vers10h sous un soleil splendide, 32 officiers nous attendent tous déséquipés. Notre officier d’un ton ferme leur demande où sont vos hommes !

Moronvillers Cornillet soldats allemands prisonniers

Des ordres sont criés,   aux entrées des diverses sapes creusées   sur ce versant de la Dormoise et nous nous retrouvons en un rien de temps noyés parmi 730 hommes, ils se mettent en rang par quatre et partent vers l’arrière avec un Caporal et quatre soldats de chez nous. Sans notre insistance ils auraient volontiers laissé un de leur camarade blessé au pied assez sérieusement tant ils étaient pressés de quitter le champ de bataille.

Débarrassé de cette encombrante compagnie, nous poussons un « ouf » de soulagement. Beaucoup d’entre nous et moi le premier ont bien cru que les rôles allaient se trouver inversés.

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Qu’on en finisse

26 septembre : 

     Hier une préparation d’artillerie s’est déclenchée vers 23h sur le front de Champagne. Ce que l’on pressentait est arrivé, On a attaqué au petit matin et aux dernières nouvelles cela se présente bien, les troupes ont bénéficié d’un épais brouillard qui a dissimulé l’attaque aux vues de l’ennemi. On a traversé le no mans’land à la boussole, à certains endroits il n’y avait pas ou peu de résistance, à d’autres les Allemands se sont accrochés à leur tranchée. On en saura plus dans quelques jours avec le retour des premiers combattants.

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Est-ce la fin?

24 septembre : Des nouvelles de nos soldats Nous venons d’apprendre la mort de Rémi GERARDIN du 224eRI, le 14 septembre des suites de ses blessures à Amblémy dans l’Aisne. Il a reçu la Croix de guerre et la Médaille militaire à titre posthume avec la citation suivante « Bon et brave soldat. Mort pour la France le 14 septembre 1918 des suites de ses glorieuses blessures reçus au Champ d’Honneur à l’attaque du Chemin des Dames ».

Les choses bougent sur le front de Champagne. Les Allemands semblent lâcher prise partout depuis leur offensive avortée du 15 juillet dernier. La poche de Château Thierry est résorbée, nous avons repris Soisson en août, on progresse sur la Scarpe, vers Chaulnes, on a repris Montdidier, Péronne, le Mont Kemmel, récemment le Moulin Laffaux et nous sommes dans le saillant de Saint Mihiel.

On parle que l’Allemagne, l’Autriche et la Hongrie tentent d’entamer des négociations de paix avec les Alliés.

La guerre serait-elle à l’aube de se terminer ?

On s’active sur le Front de Champagne et sur  l’Argonne, serait-ce notre tour d’entrer dans la danse ? Quitte à payer le prix qu’on en finisse.

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Le Christ de Souain

8 septembre : Des nouvelles de nos soldats Nous venons d’apprendre la blessure de Jean JAUNET du 294eRI, le 4 septembre au Canal du Nord. Nous lui souhaitons un prompt rétablissement. Nous rappelons qu’il a déjà été cité trois fois et est décoré de la médaille distinguée du Roi d’Angleterre.

     La grippe que l’on surnomme espagnole est en fait américaine elle a été sans doute introduite par les troupes lors de leur venue en France. Actuellement elle s’est réactivée, de nombreux jeunes soldats en sont atteints, ils partent vers l’arrière mais on ne les revoit pas , la maladie doit être plus grave que l’on veut bien nous dire.

Nous vous communiquons le poème sur le Christ de Souain du Lieutenant HUSSON

 

La mitraille s’abat, chaque jour, sur Souain.

Les fermes, s’écroulant, au hasard s’éparpillent ;

Les pierres en éclats volent par le chemin

Et les rauques canons à grand bruit s’égosillent.

Sur la plaine s’étend la tristesse et la mort.

Quand le canon se tait, le silence effroyable

Remplit la solitude où toute vie s’endort ;

Le corbeau pousse au loin sa clameur lamentable.

La pauvre église gît dans le morne désert.

L’obus a dispersé les antiques ogives

Et les murs, effondrés sous l’ouragan de fer,

Sont déjà revêtus d’herbe et de ronces vives.

Seul est resté debout le grand Christ du chemin.

 

Souain calvaire et soldat

 

Dans les campagnes en deuil, il se dresse, intangible,

Les bras tout grands ouverts. O symbole divin

De pitié, de pardon et d’amour indicible !

Du champ de mort, ô Christ, oh ! ne t’éloigne pas !

Reste, au milieu de nous, sur l’antique calvaire ;

Reste, pour consoler et bénir nos soldats

Et soutenir nos cœurs dans cette horrible guerre.

Accueille, dans tes bras, à leur dernier soupir,

Ceux qui tombent sanglants sur la terre crayeuse.

Donne-leur le repos, la palme du martyr.

Qu’après tant de tourments leur âme soit heureuse !

Tous les sillons, hélas ! sont parsemés de croix.

La mort fauche à grands coups notre belle jeunesse.

Christ de Souain, dis-moi ! dis-moi ! combien de fois

N’as-tu pas recueilli sa plainte et sa détresse ?

Cet immense holocauste, ô Dieu, sera-t-il vain ?

Ces trépas glorieux seront-ils inutiles ?

Non, le sol abreuvé de tant de sang humain

Germera pour le ciel des moissons plus fertiles.

Tôt ou tard, la justice au jour éclatera.

Le crime aura sa fin, le bien sa récompense ;

Humble Christ de Souain, toujours tu seras là,

Du juste qui combat invincible espérance.

Du champ de mort, ô Christ, oh ! ne t’éloigne pas !

Au milieu des obus, reste sur ton calvaire,

Pour couronner un jour l’œuvre de nos soldats

Et pour ressusciter la France notre mère !

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